(anthropologie/archéologie économique… en Europe)

SME – une leçon
8 septembre, 2012,
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Ce qui est surprenant dans la crise actuelle, c’est que les Européens (les mêmes) ont connu une crise spéculative similaire voici 20 ans. Pas de leçon apprise? C’était alors la crise des taux de change, ou spéculation sur les taux de changes fixes imposés artificiellement par le SME (crise de balance des paiements). On spéculait, comme aujourd’hui, sur les différences économiques entre les pays membres.

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/reco_0035-2764_1994_num_45_6_409615

La situation était similaire à aujourd’hui: un pays (UK) n’avait pas besoin de la politique des taux d’intérêt hauts de l’Allemagne (leader du SME) qui craignait la surchauffe suite à la réunification. UK était en récession. Alors, G. Soros a fait fortune grâce à la spéculation sur la livre anglaise (à la baisse contre le dollar) – car UK avait renoncé au contrôle des capitaux étrangers. En manque de réserves de changes épuisées contre Soros et co.,  UK est forcé de quitter le SME. Et sortira plus tard de la récession mais ne reviendra jamais au SME.



Politiques conjoncturelles, impossibilités théoriques
8 septembre, 2012,
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Il y a le carré magique de Kaldor qui nous dit que c’est impossible d’obtenir à la fois: faible inflation, chômage bas, forte croissance, balance courante excédentaire.

http://www.pfinfo.fr/opale/prod/lecon/co/Module_Lecon_01_8.html

Mais plus récemment, il y a le triangle de Mundell – l’impossibilité d’obtenir à la fois: taux de change fixe, liberté des flux de capitaux étrangers, politique monétaire flexible.  Pour les keynesiens, il est recommendé de renoncer au change fixe. Le résultat est très intéressant car il nous dit que dans la zone euro, avec un change fixe et politique monétaire unique, les capitaux doivent circuler à l’intérieur. Autrement dit, suspendre le marché unique des capitaux pendant la crise de la dette souveraine est pire encore. Toutefois, cela arrive déjà, de manière naturelle. Une sorte de désintégration financière fait son entrée, y compris dans les rapports officiels:

http://www.ecb.int/pub/pdf/other/financialintegrationineurope201204en.pdf

http://ec.europa.eu/internal_market/economic_analysis/docs/financial_integration_reports/20120426-efsir_en.pdf

 



Sur le Japon, encore
5 septembre, 2012,
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Si vous lisez O. Blanchard, la faible croissance du Japon (1% en moyenne) dans les années ’90 s’expliquerait logiquement par la baisse de la demande interne suite à la crise de 1992:

- l’effondrement des prix des titres et des immeubles => baisses de la richesse des ménages => baisse de la consommation

- crise bancaire et dépréciaton des crédits => baisse du crédit => baisse de l’investissement.

Mais comme les politiques anticrise – monétaire et budgétaire (qui ont suivi) n’ont pas marché, la question est: Et si c’était un choc sur l’offre suite à la crise bancaire (et pas un choc de demande)? Une sorte de hausse des coûts financiers - ou raréfaction du capital (comme si c’était un choc pétrolier)? Alors, il y a rien à faire. Sauf à débloquer le système bancaire, par une restructuration profonde des banques..

Si vous lisez P. Krugman, ces politiques anticrise sont tombées dans une énorme « trappe à liquidité » (hausse de l’épargne), due à une absence de perspective des citoyens causée par la crise prolongée (des politiques hésitantes) et par des craintes plus profondes (baisse de natalité, problème des retraites etc.). Donc pas de choc sur l’offre. Alors, la solution ultime serait un retour à l’inflation.

Mais, le dilemme persiste…



Vous avez dit dette excessive?
4 septembre, 2012,
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Des économistes nous disent que 100% PIB est excessif. Le traité européen nous dit que 60% est excessif. Mais c’est quoi donc excessif?

Excessif veut dire insoutenable. Tout d’abord, une dette stabilisée est moins grave, même si elle atteint des niveaux très élevés. Logiquement, il suffit que la croissance égalise le taux d’intérêt réel et que le déficit primaire soit zéro  pour que la dette soit stable en % PIB. Au besoin, soit l’inflation permet de diminuer le taux d’intérêt réel. Soit, s’agissant d’un taux devise, une appréciation de la monnaie peut le faire.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/11/30/la-dette-ce-fardeau-soutenable-par-martin-wolf_1273856_3234.html

Le problème, si on veut rester stabilisé à long terme, c’est que la dette conjuncturelle doit pouvoir diminuer aussi (en périodes de boom) pour pouvoir augmenter en périodes de récession, cf. Keynes.

D’autre part, sacrifier des recettes fiscales pour payer des intérêts est une sorte d’appauvrissement, au lieu de les « réinvestir » dans l’économie. C’est un effet d’éviction qui suppose que les agents privés avaient des idées moins profitables pour placer l’argent de la dette (pas sûr..). Bon, c’est vrai qu’ils n’auraient pas obtenu des taux aussi bas pour leur dette privée.



Euro comme étalon-or (2)
18 août, 2012,
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Von Mises en 1966 prônait la solution de l’étalon-or. En théorie cela semblait génial…

http://blog.turgot.org/index.php?post/Huerta-de-Soto-Euro



Le modèle argentin
18 août, 2012,
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Non, ce n’est pas un bon modèle. Depuis 2002 (faillite), Argentine n’a plus accès au marché des capitaux. Un souvenir d’avenir pour la Grèce, maybe.

http://www.forum-politique.org/monde/mesures-rigueur-argentine-t104271.html



Convergence ou solidarité?
18 août, 2012,
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Il y a une question fondamentale soulevée par la nouvelle économie géographique (de Krugman). Car selon elle, et dans l’état actuel des politiques de faible intervention étatique,  dans l’UE on n’obtiendrait pas une convergence éco mais simplement une spécialisation du travail (cf. Ricardo aussi).

Et c’est vrai, la thèse de la concentration de l’industrie au centre de l’Europe (Allemagne grosso modo) apporte la preuve. La thèse classique de la désindustrialisation de l’Europe n’est donc pas entièrement vraie. Des mécanismes naturels de spécialisation à l’intérieur d’une zone monétaire/libre échange (cf. Krugman) la rendent possible.

Mais il y a un problème à court terme : pas de solidarité avec les régions en détresse, qui perdent leur industrie. Le niveau actuel de solidarité en UE semble très faible par rapport aux besoins (cf. P. Artus – il faudrait tripler, au moins, le budget de l’UE). Ici on parle non seulement de la Grèce, mais même de cerains régions du sud de la France. Pourquoi solidarité? C’est simple, c’est une question politique, c’est le prix à payer pour faire accepter une zone monétaire. C’est le coût d’opportunité de ceux qui renoncent à leur monnaie. Evidemment, et c’est un problème à long terme, le coût est d’autant plus important si la solidarité se prolonge, donc s’il y a pas de convergence éco avec les autres…

http://www.melchior.fr/Pourquoi-il-faut-partager-les.10923.0.html?&no_cache=1&print=1



On tourne en rond
18 août, 2012,
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La Grèce s’est empruntée sur le marché pour dépasser une impasse de remboursemnt à la BCE. A 3 mois, pour 4 md, à 4,43%. C’est la plus importante levée de fonds privés depuis deux ans.

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202215775167-la-grece-leve-4-milliards-d-euros-a-3-mois-a-des-taux-en-hausse-352941.php?xtor=AL-4003-%5BChoix_de_la_redaction%5D-%5BLa%20Gr%C3%A8ce%20l%C3%A8ve%204%20milliards%20d’euros%20%C3%A0%203%20mois%20%C3%A0%20des%20taux%20en%20hausse%5D

Mais il semble que les acheteurs étaient les banques greques… qui vont utiliser les titres pour garantir les lignes de liquidité offertes par la BCE. Fin juillet, les banques grecques étaient refinancées à hauteur de 106 milliards d’euros grâce à ces prêts d’urgence, soit l’équivalent de plus d’un sixième du total de leurs actifs.

PS Privée depuis l’hiver 2010 d’accès aux marchés pour se refinancer à long terme, la Grèce procède deux fois par mois à des émissions à court terme, à échéance trois et six mois pour compléter les prêts de l’UE.



The return of depression economics
15 août, 2012,
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Sous ce titre, on trouve les idées de P. Krugman (2008) inspirées par les crises successives du capitalisme. Notamment celle des 1930 (US) et des 1990 (Japon). Il faut réapprendre les outils des politiques de crise:

- à CT, stimuler la demande face à une capacité productive excédentaire.

- à LT, réguler les banques (y compris celles qui ne portent pas ce nom..) ET contrôler les flux de capitaux internationaux (pas facile de nos jours). « In the aftermath of the great depression, we redesigned the machine so that we did understand it. » dit Krugman.

On a surtout l’exemple de la stagnation japonaise des années 90, qui fait peur à tous les économistes. Comment une économie dynamique a pu en arriver là? Malgré l’argument de la trappe à liquidité (cf. Keynes) que le Japon a connu, la  question n’est pas totalement résolue.



Les prix et les stocks
5 août, 2012,
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Dans le film « Angels’s share », on détruit 3 des 4 bouteilles d’un scotch unique. Les 4 valent 400 K. Mais si 1 reste, combien devrait elle valoir? Les 400K ou 100 K? Cela pose la question du rationnement en général. Sachant précisément le stock qui en reste, peut on en savoir le prix d’une unité? A l’inverse, peut on savoir son prix « correct » si on méconnaît le stock restant?   A suivre.



La firme plate
5 août, 2012,
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Cela mérite des études sociologiques plus poussées:

http://www.tdg.ch/economie/entreprises/Ces-entreprises-qui-reussissent-sans-patrons/story/10411945

 

 



L’entropie en politique
4 août, 2012,
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Je n’ai pas guerre de clichés sur les pouvoirs d’explication de la notion d’entropie, même en thérmodynamique. Mais l’idée est géniale. Quand on agit sur un système, il se dégrade, sans retour. Un chirurgien qui fait une erreur doit mettre plus d’énergie pour la réparer.  La politique de l’euro est entré dans une phase molle de balbutiments. Décidées au bon moment (disons!), les mesures prises par nos politiciens ont été mauvaises et ont permis de décrédibilier encore plus l’euro. Maintenant, les énergies à consommer sont infiniment plus importants. A suivre.



Manipulation du Libor
2 juillet, 2012,
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http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/le-president-de-barclays-demissionne-apres-le-scandale_309179.html

Surprenant? Pas vraiment, on savait que le marché interbancaire est souvent un marché manipulé par les market makers (comme le nom l’indique…). On a juste la preuve. La question est donc: quelle est la rente maximale que le public veut payer afin de maintenir une propriété privé du secteur bancaire malgré ces problèmes de concurrence?



Espagne
1 juillet, 2012,
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13 juin: Espagne dégradée par Moody’s

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/06/13/moody-s-abaisse-la-note-de-l-espagne-de-trois-crans_1717972_3214.html

25 juin: 28 banques espagnoles dégradées par la même agence suite à la dégradation de la dette souveraine. Le sommet UE a commencé le 28 juin. Pourquoi cette hâte de les dégrader avant le sommet?

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-economie/espagne-moody-s-abaisse-de-1-a-4-crans-la-note-de-28-banques-25-06-2012-2065116.php

Update! Coincidence ou pas, ESMA lance une enquête visant les agences de notation:

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/07/02/les-agences-de-notation-sous-surveillance-europeenne_1727696_3234.html



L’avenir des bonus
26 juin, 2012,
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http://news.efinancialcareers.com/uk-en/103807/11-things-you-need-to-know-from-socgens-new-report-into-the-future-of-the-european-investment-banking-industry/?source=EM:efc_eu=2949&om_rid=C4ve6E&om_mid=_BP6d9VB8R3aEcI&ukjo



Une agence européene de la dette?
15 juin, 2012,
Classé dans : Eco

http://www.cairn.info/revue-de-l-ofce-2011-1-page-253.htm

http://www.cairn.info/revue-de-l-ofce-2011-1-page-253.htm



Union bancaire dans UE?
7 juin, 2012,
Classé dans : Eco

http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/une-union-bancaire-europeenne-pour-quoi-faire_299468.html

Dans UE, le marché unique couvre les services financiers.  En réalité, les banques de détail sont trop peu concernées. Et leur fragmentation freine les économies d’échelle dans la distribution des crédits, empêche la diversification des risques, et au final le coût du capital est plus élevé.  Le cloisonnement des banques les rend d’ailleurs beaucoup plus « attaquables » face à la crise.

Mais la distance entre parole politcienne et actes est grande; l’Espagne (via FROB) va recevoir le prêt de 100 md du EFSF/ESM, et non pas les banques espagnoles directement. “This marks a missed opportunity to cut the bank/sovereign circularity and establish a pillar of a bank union,” cf. a Goldman analyst.

http://www.efsf.europa.eu/attachments/faq_spain_en.pdf

On apprend de cette crise des choses connues en économie du développement: un Etat faible signifie des banques vulnérables, avec ou sans ratio de capital élevé.

PS Entre temps, les banques US semblent plus sures que jamais (un refuge pour les investisseurs) et leurs cours de bourse augmentent.



Innovation et concurrence
7 juin, 2012,
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La concurrence fait débat dans UE. Ses avocats soutiennent que l’entrée de nouveaux concurents sur le marché (ou cette possibilité) stimule l’innovation de tous. Ses adversaires rétorquent que la politique de la concurrence entrave la constitution de champions européens puissants sur le marché mondial. Chaque camp accuse l’autre de bloquer la croissance. En réalité, c’est plus complexe:

- si l’innovation est protégée (rentes), alors le secteur privé doit et est incité à innover

- si l’innovation est un bien public (non protégeable) ou trop risquée, l’Etat doit assumer un rôle moteur.

En fait, plus l’investissement est risqué, plus il y a besoin de limiter la concurrence par la protection de l’invention (brevets à long terme, contrôles policiers strictes etc.). La question c’est: à quel niveau de risque il faut arrêter de multiplier les protections de l’innovation privée et la remplacer par la recherche publique? La recherche en cancer des firmes privées ne donne pas de résultat, malgré les brevets. Pourquoi? Trop de risques (trop peu de protections et d’investissements)? Ou peu d’intérêt tout simplement pour les investissement risqués (pas assez de concurrence dans ce fief des multinationales)?

Y a t il une innovation en cloche (Aghion, 2004)?  Il semble que trop mais aussi trop peu de concurrence tue l’innovation. La contestabilité du marché stimule l’innovation. Les amendes de la Commission contre la position dominante de Microsoft ont comme explication le bénéfice de cette contestabilité. Plus généralement, il faut comprendre les débats de 2004 à Bruxelles sur la brevetabilité des logiciels. Le logiciel comme investissement n’a pas été considéré comme suffisamment risqué pour être protégé. Finalement, dans l’UE, le logiciel est protégé par le droit d’auteur mais pas par un brevet, contrairement aux US et Japon, sauf s’il a un « effet technique ».

http://fr.wikipedia.org/wiki/Controverse_sur_la_brevetabilit%C3%A9_du_logiciel

 

 



Un monde à somme nulle?
4 juin, 2012,
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C’est la question qui ouvre les débats du livre « Pop internaionalism » (P. Krugman, 1996) ou en français: « La mondialisation n’est pas coupable » (1998). La réponse est non, même si la remarque est portée par des politiciens prestigieux. Certes, la balance commerciale mondiale est une somme nulle. Mais en termes de compétitivité d’un pays quoi dire? La Commission même publie chaque année un rapport sur la compétitivité de l’UE, en parlant de ses parts de marché. La « compétitivité » d’un pays pour certains cabinets de conseil indique plutôt la qualité des institutions mis en place pour favoriser le fonctionnement des marchés et l’innovation.

http://ec.europa.eu/enterprise/policies/industrial-competitiveness/competitiveness-analysis/european-competitiveness-report/index_en.htm

Mais un bon économiste sait qu’il n’y a pas de compétitivité d’un pays (un pays n’est pas une firme); seulement sa productivité compte. Autrement dit, ce n’est pas avec les exportations que les pays s’enrichissent (ou pas forcément). Le commerce international est gouverné par les avantages comparatifs (Ricardo) et chaque pays en a.

Krugman met un bémol. Avec le temps, les avantages comparatifs peuvent s’auto-créer dans un pays (ayant les exportations pour cause principale ou complémentaire), sont autoconsolidants. Les raisons?

- des économies d’échelle (baisses des coûts) du secteur d’un pays sont une barrière à l’entrée du marché mondial pour les autres pays (à travers l’effet d’expérience, ou l’augmentation de la part de marché par les exportations)

- des externalités technologiques sont créées en raison de la libre circulation des connaissances entre les entreprises d’un secteur d’un pays, ce qui renforce leur avantage compétitif

Ce qui justifie la thèse du soutien public des industries naissantes (subventions, quotas, taxes douanières, normes techniques etc.), si les industries sont efficientes… Mais, si tous les pays commencent à soutenir, l’effort de chacun s’annule. Pour ne plus parler des problèmes d’équilibre général dans chaque pays et politiques (guerre commerciale) qui peuvent apparaître. Donc, besoin de mesure, de coordination et d’intelligence dans ce soutien.

PS. Il y a un autre bémol. Dans une zone monétaire complexe (l’euro), des pays « perdent » et d’autres « gagnent » sur une période limitée (ceux dont la « monnaie » imaginaire est sous-évaluée gagnent).



Du neuf sur les babouins
2 juin, 2012,
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http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/05/21/chez-les-babouins-la-sante-est-affaire-de-domination_1705059_1650684.html

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/zoologie/d/chez-les-babouins-le-pouvoir-est-stressant_31499/



JK Gailbraith (2004)
27 mai, 2012,
Classé dans : Eco

Deux ans avant sa mort, Galbraith (1908-2006), grand ami de Keynes, publie un petit livre « Economics of innocent fraud » (2004). Même si le titre semble paradoxal (la fraude n’est pas innocente, elle est toujours intentionnelle), il y a au moins deux significations différentes du titre:

- la fraude en économie n’est pas facile à prouver car elle se base sur une apparente innocence des intentions; en général, on peut juste prouver (ex post) des erreurs de jugement, pas des fraudes ou des conflits d’intérêt

- mais surtout: imposer/cultiver sa propre vérité éco de la réalité (par les cercles du pouvoir) est une fraude « innocente » (une manipulation?).  »Dealt with in this essay is how, out of the pecuniary and political pressures and fashions of the time, economics and larger economic and political systems cultivate their own version of truth. This last has no necessary relation to reality. No one is especially at fault; what is convenient to believe is greatly preferred. » (p 3)

En entrant dans le vif du sujet, on lit que:

- Il y a autant de bureaucratie dans le secteur public que dans le privé, et c’est normal: « Group  effort, intelligence, specialization – a bureaucracy – is needed. »  La fraude est dans le jeu des mots:  »The modern corporation condemns the word bureaucracy. That is for government. Corporate management, the established reference, has an activist tone. Participants in  the management structure can be unnecessary, inept, self-concerned, but they are not bureaucrats. » (p30)

- On nous dit souvent qu’on est passé d’un capitalisme managérial à un capitalisme actionnarial pour expliquer les dérives du capitalisme (thèse de Sarko)! Pour Gailbraith, c’est un mensonge: le capitalisme est encore managérial. Il faut regarder tous ces hommes de paille qui siègent dans les conseils d’administration. « Shareholders and their alleged directors in any sizable enterprise are fully subordinate to the management. » (p 35)

-  Personne ne peut prédire le futur (éco ou pas). Mais, les professionnels de la finance « believe and are believed by others to have knowledge of the unknown; research is thought to create such knowledge. » (p 47) Malheureusement,  »they do not know and normally do not know that they do not know. »  Assez ironique, on est assuré que « the combinded result of the unknown cannot be known. » Mais tout ceci a une utilité:  pour le pouvoir (« What is predicted is what others wish to hear… and to profit from ») et pour le public (« Shared error has also a well-protected role. It is no longer a personal matter. »).

- La banque centrale sert surtout le monde de la finance (qu s’autorégule) et ses mesures ont un impact négligeable sur l’éco. La politique monétaire semble être une fraude élégante: « Business firms borrow when they can make money and not because interest rates are low. » (p 53)  Elle n’est pas non plus en mesure de combattre l’inflation, la spéculation: l’inflation aux USA a été maîtrisée pendant la 2e guerre mondiale sans l’aide de la Fed (il était membre de la Commission du contrôle des prix).

Le final du livre est curieux: « The corporate appropriation of public initiative and authority is unpleasantly visible as regards the environmental effect, dangerous as regards military and foreign policy. » (p 69) « Human progress is dominated by unimaginale cruelty and death… War remains the decisive human failure. »

A lire dans un après-midi ensoleillé.

 



Pourquoi Sarko a perdu?
6 mai, 2012,
Classé dans : Eco

Parce qu’il n’a pas pu changer pendant cette campagne. Il n’a pas eu le courage de dire les vérités. A cause de son ego, des improvisations innombrables? Dire par ex pourquoi l’Europe est en crise. A cause de certains dirigeants allemands, du manque de cohérence des décisions du Conseil de l’UE; à cause d’un certain Mitterrand qui a signé pour l’euro sans réfléchir, en mettant en péril toute la construction européenne. Et il n’a jamais dit: je me suis trompé sur mes plans de relance qui ont plombé la dette publique. Du coup, son discours a semblé creux. Les français se sont bien rendu compte: sans une vraie analyse des causes des erreurs, comment proposer des solutions d’avenir?

PS La musique qui s’adapte au moment c’est No, Pagliaccio non son:

http://www.youtube.com/watch?v=Xcrdr2moh3U&feature=related



Y a-t-il des miracles en économie?
6 mai, 2012,
Classé dans : Eco

Il y a eu le miracle irlandais. L’entrée en UE a été un succès et a stimulé l’investissement étranger. Il y a eu le miracle espagnol. L’entrée en UE a stimulé l’investissement immobilier et donc toute l’économie. La suite, nous la connaissons..  Personne ne sait quand  leurs PIBs retrouveront les niveaux d’avant la crise. Ces économistes qui louaient leurs miracles, on les entendent plus.

Y a t-il « miracles » en éco?  Une forte croissance du PIB à court terme est sans conséquence adverse?

PS Ce qui est miracle aujourd’hui peut être la cause d’une catastraophe demain. Tout ceci rappelle un vieux théorème de Goedel.  Toute théorie logique, qui inclut l’économique, peut etre de 2 types : – soit elle est incomplete, cad qu’on peut exprimer dans son langage une proposition logique qu’on ne pourra pas demontrer, et dont on ne pourra pas demontrer le contraire (axiomes) – soit elle est contradictoire cad qu’on peut demontrer une chose et son contraire. Comme il n’y pas trop d’axiomes en économie, elle est plutôt contradictoire.



Le sentiment européen
1 mai, 2012,
Classé dans : Secundo

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/03/10/le-triste-delitement-de-l-idee-europeenne_1655541_3214.html

L’idée du retour à la nation fait mouche, cf. sondages et le référendum sur la constitution de l’UE. Mais le contexte est encore plus intéressant. Depuis la fin des présidences Jacques Delors de la Commission européenne, les institutions européennes (sauf BCE) cèdent sans cesse du pouvoir aux Etats (représenté par le Conseil de l’UE). Assez symbolique (la sphère symbolique est toujours intéressante pour analyser les institutions), il suffit de regarder le nouvel immeuble imposant du Conseil à Bruxelles.

Il est normal de se demander si cette manoeuvre des politiciens au détriment des technocrates n’a pas été incohérente et même catastrophique pour le destin des Européens. Alors qu’il n’y a pas d’union politique selon les traités, le Conseil de l’UE veut l’improviser. Mais c’est comme si on organisait en France un référendum pour chaque loi. Avoir la Suisse comme modèle pour UE est inefficace et totalement dépourvu de contrôle et de vision. Regardez la gestion du déficit de 3% reprise en mains par les Etats (avec les cortège de malversations comptables) depuis une dizaine d’années. Un échec.  La crise et sa gestion reprise en main par les grands Etats? Un cul de sac.  Donc les sondages montrent surtout une forme de manipulation de l’électorat par le politicien national (qui parle sa langue et donc semble plus « patriote »).

 



La Grèce, du neuf?
1 mai, 2012,
Classé dans : Eco

Le plan de faillite de l’UE a réussi, 105 md de dette sont effacés (sur 350 md) suite à la participation « volontaire » des créanciers (échange d’obligations avec décote de 53,5%)  et un 2e plan de sauvetage (130 md) a été mis en marche en mars 2012. Cet échange offrait, pour 100 de valeur nominale sur des anciens titres : de nouvelles obligations EFSF (à maturité 2013 et 2014) d’une valeur de 15 et de nouveaux titres grecs (à maturité 2042) d’une valeur de 31,5 amortissables à partir de 2023. Cela se traduisait, compte tenu de la faiblesse des coupons (de 2 % à 4,3 % pour les titres grecs), par une perte des investisseurs de 74 % environ sur la valeur des anciens titres.

Parallèlement, ISDA a déclaré la Grèce en défaut de paiement, permettant l’activation des clauses des CDS. C’était une question de survie, plus que de bonne volonté, pour débloquer le marché de l’assurance-crédit. Mais notez le moment: afin de limiter les pertes des émetteurs de CDS, cette décision intervient APRES que le plan d’effacement de la dette est conclu par les créditeurs. Qui vérifie ces décisions ISDA? Et personne ne sait encore qui est le grand émetteur de CDS grecs devenu spéculateur perdant car tout passe par une chambre opaque de compensation (DTCC). Curieux?

http://www.rfi.fr/europe/20120309-effacement-dette-repit-court-terme-grece-venizelos-papademos

A part les élections parlementaires du 6 mai (mais qui choisir?) qui fait craindre le retour des politiques à la place des technocrates, rien de bon à annoncer: 2012 sera la 5e année de récession en Grèce.

http://www.rfi.fr/europe/20120424-grece-bien-mal-tourner-le-dos-crise

 

 



L’inflation… au III siècle
16 avril, 2012,
Classé dans : Eco

Pourquoi l’inflation est possible dans une économie à monnaie forte (ou or/argent), demanderait un Allemand de la BCE? Après un crochet à Rome,  je suis capable de vous raconter une petite histoire vue au Palais Massimo (section numismatique). Au milieu du IIIe siècle, l’empire romain est le théâtre d’invasions barbares. La conduite de la guerre pèse lourdement sur l’économie: les prix augmentent.  La monnaie romaine est en or/argent. Donc le métal précieux est en train de se dévaluer en rapport avec tous les autres biens ou presque. Comme la quantité de métal précieux est limité, l’empéreur essaie de:

- diminuer le contenu en or/argent des pièces. Problème: Les gens perdent confiance dans la monnaie ce qui oblige l’Etat à avoir recours aux paiements des soldes et aux recouvrements d’impôts en nature. Les réquisitions se transforment des fois en pillages organisés.

- adopter des lois contre l’inflation. En 301, Dioclétien ordonne la peine de mort pour les commerçants qui augmentent les prix. (Ceci vient compléter des règles plus anciennes sur le taux maximal d’intérêt demandé par les banquiers = taux d’usure.)  Problème: les biens commencent à disparaître des marchés.

Et la curiosité de l’histoire continue. Les romains réussissent quelques belles victoires sur les barbares. En plus, Constantin arrive au pouvoir et redonne confiance dans une administration réformée. C’est dans ce contexte que le rétablissement de la monnaie en or/argent peut être opéré par Constantin. Autrement dit,  la « stabilisation macroéconomique » a été une condition plutôt qu’un résultat de la monnaie forte.

Ceci est un point curieux par rapport à la théorie du FMI… Une explication?  Le métal précieux reprend une valeur de réserve si les gens ont plus de confiance dans l’avenir, s’ils ont envie d’épargner (ce qui suppose une prédictibilité accrue de leur avenir, donc de l’économie etc.).



La désindustrialisation… en 1975
8 avril, 2012,
Classé dans : Eco

Un bouquin d’éco de 1979 me tombe sous le nez. On découvre… la crainte de la désindustrialisation dans la CEE. A l’époque on parle de désindustrialisation relative et est regardée comme une caractéristique des pays développés. Mais, se posait la question du potentiel de croissance d’une économie où la part de l’emploi industriel se contracte. En tout cas, comment stimuler le redéploiement vers des industries « basées sur la science »? C’était un faux débat, un feu de paille (par rapport à aujourd’hui)? Ou une inquiétude permanente et injustifiée?

Je n’ai pas le temps de l’analyser. Mais si on rapproche crise éco et désindustrialisation, peut on concevoir des cycles de désindustrialisation, comme les cycles de croissance? Est-ce le même mécanisme psychologique des investisseurs qui est à l’oeuvre?

Voici un exemple. Certainement, la crise de l’acier ne remonte pas à hier. La Moselle mérite bien sa renomée de région défavorisée. Les grèves en sidérurgie remonte aux années Mittérand. La question est: pourquoi cet enchaînement de crises en sidérurgie. Est-ce que la survie était méritée à chaque fois ou l’aide publique n’a fait que prolonger la maladie ? A suivre.

PS Sur les crises je vous signale:

http://www.college-de-france.fr/site/roger-guesnerie/



Vol au-dessus d’un nid de coucou
5 avril, 2012,
Classé dans : Secundo

http://fr.wikipedia.org/wiki/Vol_au-dessus_d’un_nid_de_coucou

Un film qui fait encore parler de lui malgré la chute du communisme. Et même à l’époque, le film faisait peur aux autorités américaines alors que le metteur en scène tchèque voulait parodier les régimes totalitaires… En réalité, le film parle des institutions qui sont créées par nous pour nous rendre la vie en commun plus simple ou meilleure et qui se retournent contre leurs créateurs en « organisant » leur liberté. Où s’arrêter avec les institutions? Difficile de dire. Mais assez universel. Les règles communistes de survie restent en vigueur  (aujourd’hui, ce sont les avocats qui les conseillent, mais elles n’ont pas changé): si tu penses, ne parle pas. Si tu parles, n’écris pas. Si tu écris, ne publie pas. Si tu publies, ne signe pas. Si tu signes, ne sois pas surpris!

 



Incertitudes en Asie
18 mars, 2012,
Classé dans : Eco

L’atterrissage brutal de l’éco chinoise fait craindre les autres. L’initiative Chiang Mai a récemment décidé d’augmenter l’enveloppe de prêt de 120 md USD à 240 md USD. Asie apprend de l’Europe – sur les crises et les fonds de sauvetage.

http://en.wikipedia.org/wiki/Chiang_Mai_Initiative

 

 



Les arrière-pensées d’un paresseux
18 mars, 2012,
Classé dans : Secundo

http://www.arlea.fr/ARRIERE-PENSEES-D-UN-PARESSEUX

Un livre (1898) qu’il ne faut pas éviter, même si on est  paresseux car plein d’humour envers les snobes. A propos de mon billet précédent, on est avant la 1e guerre mondiale, et les gens et leurs idées sur la vie semblent aussi normaux (et même plus) qu’aujourd’hui. Et pourtant… les guerres seront arrivées.

« La vie, il faut la vivre et non pas la passer; il faut l’affronter et non pas l’ordonner. La vie n’est pas une partie d’échecs, dont la victoire ira au plus sagace; c’est un jeu de cartes, et il faut savoir avec habilité tirer le maximum de ce qu’on a en main… Peut-être est-ce pour cela qu’on nous a invités à prendre place et qu’on nous a distribué des cartes, pour que nous apprenions les vertus du véritable joueur: son contrôle de lui-même, son courage face à l’adversité, sa modestie sous la pression du succès, sa fermeté, sa vivacité, son indifférence générale envers les coups du sort.  » (p 164)

« La Nature bat sa propres monnaie et exige d’être payée en devises. Dans sa boutique, il faut payer en nature. La plus-value, la fortune héritée, la chance ne sont pas acceptées par les caisses. » (p 232)

« Nous venons ici, me dit-il avec un air de philosophe, pour dire aux autres que nous y sommes venus! » (p 205)

« Un des plus chics types que j’aie jamais connus a gâché sa vie conjugale, sans espoir de jamais redresser la situation, en choisissant une longue et pasible lune de miel. Et là, pendant trente jours, elle a eu tout loisir de le passer au crible. » (p 118)

« Voici ce qui arrive: ou bien vous brisez le téléphone ou c’est le contraire. Ils me disent qu’au début, ils l’insultaient comme je le faisais moi-même; mais à présent leur volonté semble anéantie.  » (p 97)

 


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