(anthropologie/archéologie économique… en Europe)

Pourquoi la France s’endette à des taux historiquement bas?
4 octobre, 2012,
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La France, comme l’Allemagne, a aujourd’hui des taux d’intérêt sur la dette publique historiquement bas (depuis l’entrée dans la zone euro). Y a t il un lien direct avec le risque de crédit et la crise économique qu’on traverse? Non: la dette/PIB dans ces deux pays a augmenté mais leurs taux ont diminué. Oui: on voit bien une relation inverse entre la crise qui s’aggrave et les taux qui diminuent. En effet, très curieux. Ce graphique me dit à quel point on ne sait pas ce qui se passe sur les marchés.  Que explique le prix d’une obligation, en définitive? Sa liquidité ou sa solvabilité?

http://pianissiomo.unblog.fr/files/2012/10/FR-bonds.pdf



Premières impressions d’une conférence
28 septembre, 2012,
Classé dans : Eco

Une suggestion claire de Pr. Allen me révolte et me fascine. Il souhaite une autre restructuration de la dette grecque ET la sortie temporaire de la zone euro. Pourquoi sortie? Le coût n’est pas trop grand en termes de crédibilité? Comment faire que cette sortie soit rapide compte tenu des problèmes juridiques?

Mais je me demande si une nouvelle restructuration doit être sèche, sans aucune mesure « structurelle ». Qui garantit au marché que sans une mesure de ce type, la dette ne reviendra pas (comme ce qui se passe actuellement)? Ca sera une spirale sans fin! Si on n’aime pas la dévaluation en cas de sortie (un mécanisme de marché, bien rodé), il faut trouver un autre moyen crédible (au sens économique du mot) pour s’assurer que la Grèce peut trouver son équilibre de long terme DANS la zone euro. On ne l’a pas encore trouvé. J’ai l’impression qu’on sous-estime ces problèmes de compétitivité grecque.  

Entre temps, les mesures dures qu’on impose en Grèce (certes nécessaires) ont un coût politique et social très important (et avec des externalités politiques négatives sur toute l’image de l’UE), et il se peut qu’on dirige inconsciemment/naturellement les Grecs vers la porte de sortie (mais avec un coût plus élevé?) : en effet un jour il se peut que les Grecs votent eux-mêmes la sortie de la zone, excédés par cette conditionnalité imposée et sans résultat immédiat (à la fin de 2012, ils auront cinq années de récession – et cette année elle peut dépasser -7%). J’ai l’impression qu’on sous-estime toute cette problématique politique du court terme.



BCE et ses litiges
26 septembre, 2012,
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Il y au moins deux conflits jurdiques qui menancent la BCE:

- sur la dernière restructration de la dette grecque, qui a contourné les parts de la BCE. Sous ce type de pression croissante, il semble que la BCE devra un jour en faire des pertes aussi.

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202278130158-grece-premiere-plainte-de-petits-porteurs-contre-la-bce-363752.php

- sur la récente mesure de rachat de dettes sur le marché secondaire, les Allemands sont toujours contre, et contre le FMI aussi:

http://www.telegraph.co.uk/finance/financialcrisis/9564225/ECB-and-Bundesbank-checking-legality-of-bond-buying-program.html

http://blogs.telegraph.co.uk/finance/thomaspascoe/100020325/bundesbanks-imf-rant-exposes-a-divide-at-the-heart-of-the-eurozone/

 



Hystérèse
23 septembre, 2012,
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http://krugman.blogs.nytimes.com/2011/09/18/hysteresis-begins/



Fed fait la leçon à la BCE
13 septembre, 2012,
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http://www.nytimes.com/2012/09/14/business/economy/fed-announces-new-round-of-bond-buying-to-spur-growth.html?_r=1&hp

C’est le 3e plan quantitatif, cette fois illimité.

Entre temps, la BCE veut acheter des obligations juste pour  »régler » la politique monétaire (c’est vrai, sans limite aussi).

http://www.nytimes.com/2012/09/07/business/global/details-of-the-bond-buying-plan.html



La modernité liquide
11 septembre, 2012,
Classé dans : Secundo

Un concept très intéressant:

http://www.philomag.com/fiche-philinfo.php?id=308



Le Kosovo indépendant
10 septembre, 2012,
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http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/09/08/le-kosovo-accede-a-la-pleine-souverainete_1757446_3214.html

Un échec européen ET américain.. Pourquoi? Parce que ce pays n’existe pas et n’a jamais existé. « Je vois la vie en rose/Le rose qu’on nous propose. » (A. Souchon)

 



Pourquoi 3%?
10 septembre, 2012,
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Vous savez certainement, le déficit public dans UE ne doit pas dépasser 3%. Mais pourquoi?

Pour stabiliser une dette en % PIB, il faut: Dp= défcit primaire = (g-i)*dette

Pour une dette=60%PIB, i=3% et g=5% (nominaux)=> Dp=1,2%PIB.

Dg= déficit global = Dp+i*dette. Alors, Dg=3%PIB. Il suffit d’avoir un déficit maxi de 3% pour maintenir la dette à 60%. Mais les hypothèses sont assez irréalistes. Si on prend g=2% ce qui revient à g réel=(1+g)/(1+p)-1=0% (si p=inflation=2%), assez réaliste (en moyenne…), on a: Dg=1,2%, plus difficile à tenir. Bon, si on veut maintenir une dette de 100%PIB, c’est plus facile: Dg=2%. Mais est-ce soutenable?

Il reste une question: pourquoi 60% ou 100% est excessif?

PS 3% est une histoire française:

http://www.bfmtv.com/economie/deficits-publics-europeens-ne-doivent-pas-depasser-3pour-cent-pib-275616.html

http://www.les-crises.fr/3-pc-du-pib/



SME – une leçon
8 septembre, 2012,
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Ce qui est surprenant dans la crise actuelle, c’est que les Européens (les mêmes) ont connu une crise spéculative similaire voici 20 ans. Pas de leçon apprise? C’était alors la crise des taux de change, ou spéculation sur les taux de changes fixes imposés artificiellement par le SME (crise de balance des paiements). On spéculait, comme aujourd’hui, sur les différences économiques entre les pays membres.

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/reco_0035-2764_1994_num_45_6_409615

La situation était similaire à aujourd’hui: un pays (UK) n’avait pas besoin de la politique des taux d’intérêt hauts de l’Allemagne (leader du SME) qui craignait la surchauffe suite à la réunification. UK était en récession. Alors, G. Soros a fait fortune grâce à la spéculation sur la livre anglaise (à la baisse contre le dollar) – car UK avait renoncé au contrôle des capitaux étrangers. En manque de réserves de changes épuisées contre Soros et co.,  UK est forcé de quitter le SME. Et sortira plus tard de la récession mais ne reviendra jamais au SME.



Politiques conjoncturelles, impossibilités théoriques
8 septembre, 2012,
Classé dans : Eco

Il y a le carré magique de Kaldor qui nous dit que c’est impossible d’obtenir à la fois: faible inflation, chômage bas, forte croissance, balance courante excédentaire.

http://www.pfinfo.fr/opale/prod/lecon/co/Module_Lecon_01_8.html

Mais plus récemment, il y a le triangle de Mundell – l’impossibilité d’obtenir à la fois: taux de change fixe, liberté des flux de capitaux étrangers, politique monétaire flexible.  Pour les keynesiens, il est recommendé de renoncer au change fixe. Le résultat est très intéressant car il nous dit que dans la zone euro, avec un change fixe et politique monétaire unique, les capitaux doivent circuler à l’intérieur. Autrement dit, suspendre le marché unique des capitaux pendant la crise de la dette souveraine est pire encore. Toutefois, cela arrive déjà, de manière naturelle. Une sorte de désintégration financière fait son entrée, y compris dans les rapports officiels:

http://www.ecb.int/pub/pdf/other/financialintegrationineurope201204en.pdf

http://ec.europa.eu/internal_market/economic_analysis/docs/financial_integration_reports/20120426-efsir_en.pdf

 



Sur le Japon, encore
5 septembre, 2012,
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Si vous lisez O. Blanchard, la faible croissance du Japon (1% en moyenne) dans les années ’90 s’expliquerait logiquement par la baisse de la demande interne suite à la crise de 1992:

- l’effondrement des prix des titres et des immeubles => baisses de la richesse des ménages => baisse de la consommation

- crise bancaire et dépréciaton des crédits => baisse du crédit => baisse de l’investissement.

Mais comme les politiques anticrise – monétaire et budgétaire (qui ont suivi) n’ont pas marché, la question est: Et si c’était un choc sur l’offre suite à la crise bancaire (et pas un choc de demande)? Une sorte de hausse des coûts financiers - ou raréfaction du capital (comme si c’était un choc pétrolier)? Alors, il y a rien à faire. Sauf à débloquer le système bancaire, par une restructuration profonde des banques..

Si vous lisez P. Krugman, ces politiques anticrise sont tombées dans une énorme « trappe à liquidité » (hausse de l’épargne), due à une absence de perspective des citoyens causée par la crise prolongée (des politiques hésitantes) et par des craintes plus profondes (baisse de natalité, problème des retraites etc.). Donc pas de choc sur l’offre. Alors, la solution ultime serait un retour à l’inflation.

Mais, le dilemme persiste…



Vous avez dit dette excessive?
4 septembre, 2012,
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Des économistes nous disent que 100% PIB est excessif. Le traité européen nous dit que 60% est excessif. Mais c’est quoi donc excessif?

Excessif veut dire insoutenable. Tout d’abord, une dette stabilisée est moins grave, même si elle atteint des niveaux très élevés. Logiquement, il suffit que la croissance égalise le taux d’intérêt réel et que le déficit primaire soit zéro  pour que la dette soit stable en % PIB. Au besoin, soit l’inflation permet de diminuer le taux d’intérêt réel. Soit, s’agissant d’un taux devise, une appréciation de la monnaie peut le faire.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/11/30/la-dette-ce-fardeau-soutenable-par-martin-wolf_1273856_3234.html

Le problème, si on veut rester stabilisé à long terme, c’est que la dette conjuncturelle doit pouvoir diminuer aussi (en périodes de boom) pour pouvoir augmenter en périodes de récession, cf. Keynes.

D’autre part, sacrifier des recettes fiscales pour payer des intérêts est une sorte d’appauvrissement, au lieu de les « réinvestir » dans l’économie. C’est un effet d’éviction qui suppose que les agents privés avaient des idées moins profitables pour placer l’argent de la dette (pas sûr..). Bon, c’est vrai qu’ils n’auraient pas obtenu des taux aussi bas pour leur dette privée.



Euro comme étalon-or (2)
18 août, 2012,
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Von Mises en 1966 prônait la solution de l’étalon-or. En théorie cela semblait génial…

http://blog.turgot.org/index.php?post/Huerta-de-Soto-Euro



Le modèle argentin
18 août, 2012,
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Non, ce n’est pas un bon modèle. Depuis 2002 (faillite), Argentine n’a plus accès au marché des capitaux. Un souvenir d’avenir pour la Grèce, maybe.

http://www.forum-politique.org/monde/mesures-rigueur-argentine-t104271.html



Convergence ou solidarité?
18 août, 2012,
Classé dans : Eco

Il y a une question fondamentale soulevée par la nouvelle économie géographique (de Krugman). Car selon elle, et dans l’état actuel des politiques de faible intervention étatique,  dans l’UE on n’obtiendrait pas une convergence éco mais simplement une spécialisation du travail (cf. Ricardo aussi).

Et c’est vrai, la thèse de la concentration de l’industrie au centre de l’Europe (Allemagne grosso modo) apporte la preuve. La thèse classique de la désindustrialisation de l’Europe n’est donc pas entièrement vraie. Des mécanismes naturels de spécialisation à l’intérieur d’une zone monétaire/libre échange (cf. Krugman) la rendent possible.

Mais il y a un problème à court terme : pas de solidarité avec les régions en détresse, qui perdent leur industrie. Le niveau actuel de solidarité en UE semble très faible par rapport aux besoins (cf. P. Artus – il faudrait tripler, au moins, le budget de l’UE). Ici on parle non seulement de la Grèce, mais même de cerains régions du sud de la France. Pourquoi solidarité? C’est simple, c’est une question politique, c’est le prix à payer pour faire accepter une zone monétaire. C’est le coût d’opportunité de ceux qui renoncent à leur monnaie. Evidemment, et c’est un problème à long terme, le coût est d’autant plus important si la solidarité se prolonge, donc s’il y a pas de convergence éco avec les autres…

http://www.melchior.fr/Pourquoi-il-faut-partager-les.10923.0.html?&no_cache=1&print=1



On tourne en rond
18 août, 2012,
Classé dans : Eco

La Grèce s’est empruntée sur le marché pour dépasser une impasse de remboursemnt à la BCE. A 3 mois, pour 4 md, à 4,43%. C’est la plus importante levée de fonds privés depuis deux ans.

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202215775167-la-grece-leve-4-milliards-d-euros-a-3-mois-a-des-taux-en-hausse-352941.php?xtor=AL-4003-%5BChoix_de_la_redaction%5D-%5BLa%20Gr%C3%A8ce%20l%C3%A8ve%204%20milliards%20d’euros%20%C3%A0%203%20mois%20%C3%A0%20des%20taux%20en%20hausse%5D

Mais il semble que les acheteurs étaient les banques greques… qui vont utiliser les titres pour garantir les lignes de liquidité offertes par la BCE. Fin juillet, les banques grecques étaient refinancées à hauteur de 106 milliards d’euros grâce à ces prêts d’urgence, soit l’équivalent de plus d’un sixième du total de leurs actifs.

PS Privée depuis l’hiver 2010 d’accès aux marchés pour se refinancer à long terme, la Grèce procède deux fois par mois à des émissions à court terme, à échéance trois et six mois pour compléter les prêts de l’UE.



The return of depression economics
15 août, 2012,
Classé dans : Eco

Sous ce titre, on trouve les idées de P. Krugman (2008) inspirées par les crises successives du capitalisme. Notamment celle des 1930 (US) et des 1990 (Japon). Il faut réapprendre les outils des politiques de crise:

- à CT, stimuler la demande face à une capacité productive excédentaire.

- à LT, réguler les banques (y compris celles qui ne portent pas ce nom..) ET contrôler les flux de capitaux internationaux (pas facile de nos jours). « In the aftermath of the great depression, we redesigned the machine so that we did understand it. » dit Krugman.

On a surtout l’exemple de la stagnation japonaise des années 90, qui fait peur à tous les économistes. Comment une économie dynamique a pu en arriver là? Malgré l’argument de la trappe à liquidité (cf. Keynes) que le Japon a connu, la  question n’est pas totalement résolue.



Les prix et les stocks
5 août, 2012,
Classé dans : Eco

Dans le film « Angels’s share », on détruit 3 des 4 bouteilles d’un scotch unique. Les 4 valent 400 K. Mais si 1 reste, combien devrait elle valoir? Les 400K ou 100 K? Cela pose la question du rationnement en général. Sachant précisément le stock qui en reste, peut on en savoir le prix d’une unité? A l’inverse, peut on savoir son prix « correct » si on méconnaît le stock restant?   A suivre.



La firme plate
5 août, 2012,
Classé dans : Eco

Cela mérite des études sociologiques plus poussées:

http://www.tdg.ch/economie/entreprises/Ces-entreprises-qui-reussissent-sans-patrons/story/10411945

 

 



L’entropie en politique
4 août, 2012,
Classé dans : Eco

Je n’ai pas guerre de clichés sur les pouvoirs d’explication de la notion d’entropie, même en thérmodynamique. Mais l’idée est géniale. Quand on agit sur un système, il se dégrade, sans retour. Un chirurgien qui fait une erreur doit mettre plus d’énergie pour la réparer.  La politique de l’euro est entré dans une phase molle de balbutiments. Décidées au bon moment (disons!), les mesures prises par nos politiciens ont été mauvaises et ont permis de décrédibilier encore plus l’euro. Maintenant, les énergies à consommer sont infiniment plus importants. A suivre.



Manipulation du Libor
2 juillet, 2012,
Classé dans : Eco

http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/le-president-de-barclays-demissionne-apres-le-scandale_309179.html

Surprenant? Pas vraiment, on savait que le marché interbancaire est souvent un marché manipulé par les market makers (comme le nom l’indique…). On a juste la preuve. La question est donc: quelle est la rente maximale que le public veut payer afin de maintenir une propriété privé du secteur bancaire malgré ces problèmes de concurrence?



Espagne
1 juillet, 2012,
Classé dans : Eco

13 juin: Espagne dégradée par Moody’s

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/06/13/moody-s-abaisse-la-note-de-l-espagne-de-trois-crans_1717972_3214.html

25 juin: 28 banques espagnoles dégradées par la même agence suite à la dégradation de la dette souveraine. Le sommet UE a commencé le 28 juin. Pourquoi cette hâte de les dégrader avant le sommet?

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-economie/espagne-moody-s-abaisse-de-1-a-4-crans-la-note-de-28-banques-25-06-2012-2065116.php

Update! Coincidence ou pas, ESMA lance une enquête visant les agences de notation:

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/07/02/les-agences-de-notation-sous-surveillance-europeenne_1727696_3234.html



L’avenir des bonus
26 juin, 2012,
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http://news.efinancialcareers.com/uk-en/103807/11-things-you-need-to-know-from-socgens-new-report-into-the-future-of-the-european-investment-banking-industry/?source=EM:efc_eu=2949&om_rid=C4ve6E&om_mid=_BP6d9VB8R3aEcI&ukjo



Une agence européene de la dette?
15 juin, 2012,
Classé dans : Eco

http://www.cairn.info/revue-de-l-ofce-2011-1-page-253.htm

http://www.cairn.info/revue-de-l-ofce-2011-1-page-253.htm



Union bancaire dans UE?
7 juin, 2012,
Classé dans : Eco

http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/une-union-bancaire-europeenne-pour-quoi-faire_299468.html

Dans UE, le marché unique couvre les services financiers.  En réalité, les banques de détail sont trop peu concernées. Et leur fragmentation freine les économies d’échelle dans la distribution des crédits, empêche la diversification des risques, et au final le coût du capital est plus élevé.  Le cloisonnement des banques les rend d’ailleurs beaucoup plus « attaquables » face à la crise.

Mais la distance entre parole politcienne et actes est grande; l’Espagne (via FROB) va recevoir le prêt de 100 md du EFSF/ESM, et non pas les banques espagnoles directement. “This marks a missed opportunity to cut the bank/sovereign circularity and establish a pillar of a bank union,” cf. a Goldman analyst.

http://www.efsf.europa.eu/attachments/faq_spain_en.pdf

On apprend de cette crise des choses connues en économie du développement: un Etat faible signifie des banques vulnérables, avec ou sans ratio de capital élevé.

PS Entre temps, les banques US semblent plus sures que jamais (un refuge pour les investisseurs) et leurs cours de bourse augmentent.



Innovation et concurrence
7 juin, 2012,
Classé dans : Eco

La concurrence fait débat dans UE. Ses avocats soutiennent que l’entrée de nouveaux concurents sur le marché (ou cette possibilité) stimule l’innovation de tous. Ses adversaires rétorquent que la politique de la concurrence entrave la constitution de champions européens puissants sur le marché mondial. Chaque camp accuse l’autre de bloquer la croissance. En réalité, c’est plus complexe:

- si l’innovation est protégée (rentes), alors le secteur privé doit et est incité à innover

- si l’innovation est un bien public (non protégeable) ou trop risquée, l’Etat doit assumer un rôle moteur.

En fait, plus l’investissement est risqué, plus il y a besoin de limiter la concurrence par la protection de l’invention (brevets à long terme, contrôles policiers strictes etc.). La question c’est: à quel niveau de risque il faut arrêter de multiplier les protections de l’innovation privée et la remplacer par la recherche publique? La recherche en cancer des firmes privées ne donne pas de résultat, malgré les brevets. Pourquoi? Trop de risques (trop peu de protections et d’investissements)? Ou peu d’intérêt tout simplement pour les investissement risqués (pas assez de concurrence dans ce fief des multinationales)?

Y a t il une innovation en cloche (Aghion, 2004)?  Il semble que trop mais aussi trop peu de concurrence tue l’innovation. La contestabilité du marché stimule l’innovation. Les amendes de la Commission contre la position dominante de Microsoft ont comme explication le bénéfice de cette contestabilité. Plus généralement, il faut comprendre les débats de 2004 à Bruxelles sur la brevetabilité des logiciels. Le logiciel comme investissement n’a pas été considéré comme suffisamment risqué pour être protégé. Finalement, dans l’UE, le logiciel est protégé par le droit d’auteur mais pas par un brevet, contrairement aux US et Japon, sauf s’il a un « effet technique ».

http://fr.wikipedia.org/wiki/Controverse_sur_la_brevetabilit%C3%A9_du_logiciel

 

 



Un monde à somme nulle?
4 juin, 2012,
Classé dans : Eco

C’est la question qui ouvre les débats du livre « Pop internaionalism » (P. Krugman, 1996) ou en français: « La mondialisation n’est pas coupable » (1998). La réponse est non, même si la remarque est portée par des politiciens prestigieux. Certes, la balance commerciale mondiale est une somme nulle. Mais en termes de compétitivité d’un pays quoi dire? La Commission même publie chaque année un rapport sur la compétitivité de l’UE, en parlant de ses parts de marché. La « compétitivité » d’un pays pour certains cabinets de conseil indique plutôt la qualité des institutions mis en place pour favoriser le fonctionnement des marchés et l’innovation.

http://ec.europa.eu/enterprise/policies/industrial-competitiveness/competitiveness-analysis/european-competitiveness-report/index_en.htm

Mais un bon économiste sait qu’il n’y a pas de compétitivité d’un pays (un pays n’est pas une firme); seulement sa productivité compte. Autrement dit, ce n’est pas avec les exportations que les pays s’enrichissent (ou pas forcément). Le commerce international est gouverné par les avantages comparatifs (Ricardo) et chaque pays en a.

Krugman met un bémol. Avec le temps, les avantages comparatifs peuvent s’auto-créer dans un pays (ayant les exportations pour cause principale ou complémentaire), sont autoconsolidants. Les raisons?

- des économies d’échelle (baisses des coûts) du secteur d’un pays sont une barrière à l’entrée du marché mondial pour les autres pays (à travers l’effet d’expérience, ou l’augmentation de la part de marché par les exportations)

- des externalités technologiques sont créées en raison de la libre circulation des connaissances entre les entreprises d’un secteur d’un pays, ce qui renforce leur avantage compétitif

Ce qui justifie la thèse du soutien public des industries naissantes (subventions, quotas, taxes douanières, normes techniques etc.), si les industries sont efficientes… Mais, si tous les pays commencent à soutenir, l’effort de chacun s’annule. Pour ne plus parler des problèmes d’équilibre général dans chaque pays et politiques (guerre commerciale) qui peuvent apparaître. Donc, besoin de mesure, de coordination et d’intelligence dans ce soutien.

PS. Il y a un autre bémol. Dans une zone monétaire complexe (l’euro), des pays « perdent » et d’autres « gagnent » sur une période limitée (ceux dont la « monnaie » imaginaire est sous-évaluée gagnent).



Du neuf sur les babouins
2 juin, 2012,
Classé dans : Eco

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/05/21/chez-les-babouins-la-sante-est-affaire-de-domination_1705059_1650684.html

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/zoologie/d/chez-les-babouins-le-pouvoir-est-stressant_31499/



JK Gailbraith (2004)
27 mai, 2012,
Classé dans : Eco

Deux ans avant sa mort, Galbraith (1908-2006), grand ami de Keynes, publie un petit livre « Economics of innocent fraud » (2004). Même si le titre semble paradoxal (la fraude n’est pas innocente, elle est toujours intentionnelle), il y a au moins deux significations différentes du titre:

- la fraude en économie n’est pas facile à prouver car elle se base sur une apparente innocence des intentions; en général, on peut juste prouver (ex post) des erreurs de jugement, pas des fraudes ou des conflits d’intérêt

- mais surtout: imposer/cultiver sa propre vérité éco de la réalité (par les cercles du pouvoir) est une fraude « innocente » (une manipulation?).  »Dealt with in this essay is how, out of the pecuniary and political pressures and fashions of the time, economics and larger economic and political systems cultivate their own version of truth. This last has no necessary relation to reality. No one is especially at fault; what is convenient to believe is greatly preferred. » (p 3)

En entrant dans le vif du sujet, on lit que:

- Il y a autant de bureaucratie dans le secteur public que dans le privé, et c’est normal: « Group  effort, intelligence, specialization – a bureaucracy – is needed. »  La fraude est dans le jeu des mots:  »The modern corporation condemns the word bureaucracy. That is for government. Corporate management, the established reference, has an activist tone. Participants in  the management structure can be unnecessary, inept, self-concerned, but they are not bureaucrats. » (p30)

- On nous dit souvent qu’on est passé d’un capitalisme managérial à un capitalisme actionnarial pour expliquer les dérives du capitalisme (thèse de Sarko)! Pour Gailbraith, c’est un mensonge: le capitalisme est encore managérial. Il faut regarder tous ces hommes de paille qui siègent dans les conseils d’administration. « Shareholders and their alleged directors in any sizable enterprise are fully subordinate to the management. » (p 35)

-  Personne ne peut prédire le futur (éco ou pas). Mais, les professionnels de la finance « believe and are believed by others to have knowledge of the unknown; research is thought to create such knowledge. » (p 47) Malheureusement,  »they do not know and normally do not know that they do not know. »  Assez ironique, on est assuré que « the combinded result of the unknown cannot be known. » Mais tout ceci a une utilité:  pour le pouvoir (« What is predicted is what others wish to hear… and to profit from ») et pour le public (« Shared error has also a well-protected role. It is no longer a personal matter. »).

- La banque centrale sert surtout le monde de la finance (qu s’autorégule) et ses mesures ont un impact négligeable sur l’éco. La politique monétaire semble être une fraude élégante: « Business firms borrow when they can make money and not because interest rates are low. » (p 53)  Elle n’est pas non plus en mesure de combattre l’inflation, la spéculation: l’inflation aux USA a été maîtrisée pendant la 2e guerre mondiale sans l’aide de la Fed (il était membre de la Commission du contrôle des prix).

Le final du livre est curieux: « The corporate appropriation of public initiative and authority is unpleasantly visible as regards the environmental effect, dangerous as regards military and foreign policy. » (p 69) « Human progress is dominated by unimaginale cruelty and death… War remains the decisive human failure. »

A lire dans un après-midi ensoleillé.

 



Pourquoi Sarko a perdu?
6 mai, 2012,
Classé dans : Eco

Parce qu’il n’a pas pu changer pendant cette campagne. Il n’a pas eu le courage de dire les vérités. A cause de son ego, des improvisations innombrables? Dire par ex pourquoi l’Europe est en crise. A cause de certains dirigeants allemands, du manque de cohérence des décisions du Conseil de l’UE; à cause d’un certain Mitterrand qui a signé pour l’euro sans réfléchir, en mettant en péril toute la construction européenne. Et il n’a jamais dit: je me suis trompé sur mes plans de relance qui ont plombé la dette publique. Du coup, son discours a semblé creux. Les français se sont bien rendu compte: sans une vraie analyse des causes des erreurs, comment proposer des solutions d’avenir?

PS La musique qui s’adapte au moment c’est No, Pagliaccio non son:

http://www.youtube.com/watch?v=Xcrdr2moh3U&feature=related


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