(anthropologie/archéologie économique… en Europe)

Pourquoi Sarko a perdu?
6 mai, 2012,
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Parce qu’il n’a pas pu changer pendant cette campagne. Il n’a pas eu le courage de dire les vérités. A cause de son ego, des improvisations innombrables? Dire par ex pourquoi l’Europe est en crise. A cause de certains dirigeants allemands, du manque de cohérence des décisions du Conseil de l’UE; à cause d’un certain Mitterrand qui a signé pour l’euro sans réfléchir, en mettant en péril toute la construction européenne. Et il n’a jamais dit: je me suis trompé sur mes plans de relance qui ont plombé la dette publique. Du coup, son discours a semblé creux. Les français se sont bien rendu compte: sans une vraie analyse des causes des erreurs, comment proposer des solutions d’avenir?

PS La musique qui s’adapte au moment c’est:

http://www.youtube.com/watch?v=Xcrdr2moh3U&feature=related



Y a-t-il des miracles en économie?
6 mai, 2012,
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Il y a eu le miracle irlandais. L’entrée en UE a été un succès et a stimulé l’investissement étranger. Il y a eu le miracle espagnol. L’entrée en UE a stimulé l’investissement immobilier et donc toute l’économie. La suite, nous la connaissons..  Personne ne sait quand  leurs PIBs retrouveront les niveaux d’avant la crise. Ces économistes qui louaient leurs miracles, on les entendent plus.

Y a t-il « miracles » en éco?  Une forte croissance du PIB à court terme est sans conséquence adverse?

PS Ce qui est miracle aujourd’hui peut être la cause d’une catastraophe demain. Tout ceci rappelle un vieux théorème de Goedel.  Toute théorie logique, qui inclut l’économique, peut etre de 2 types : – soit elle est incomplete, cad qu’on peut exprimer dans son langage une proposition logique qu’on ne pourra pas demontrer, et dont on ne pourra pas demontrer le contraire (axiomes) – soit elle est contradictoire cad qu’on peut demontrer une chose et son contraire. Comme il n’y pas trop d’axiomes en économie, elle est plutôt contradictoire.



Le sentiment européen
1 mai, 2012,
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http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/03/10/le-triste-delitement-de-l-idee-europeenne_1655541_3214.html

L’idée du retour à la nation fait mouche, cf. sondages et le référendum sur la constitution de l’UE. Mais le contexte est encore plus intéressant. Depuis la fin des présidences Jacques Delors de la Commission européenne, les institutions européennes (sauf BCE) cèdent sans cesse du pouvoir aux Etats (représenté par le Conseil de l’UE). Assez symbolique (la sphère symbolique est toujours intéressante pour analyser les institutions), il suffit de regarder le nouvel immeuble imposant du Conseil à Bruxelles.

Il est normal de se demander si cette manoeuvre des politiciens au détriment des technocrates n’a pas été incohérente et même catastrophique pour le destin des Européens. Alors qu’il n’y a pas d’union politique selon les traités, le Conseil de l’UE veut l’improviser. Mais c’est comme si on organisait en France un référendum pour chaque loi. Avoir la Suisse comme modèle pour UE est inefficace et totalement dépourvu de contrôle et de vision. Regardez la gestion du déficit de 3% reprise en mains par les Etats (avec les cortège de malversations comptables) depuis une dizaine d’années. Un échec.  La crise et sa gestion reprise en main par les grands Etats? Un cul de sac.  Donc les sondages montrent surtout une forme de manipulation de l’électorat par le politicien national (qui parle sa langue et donc semble plus « patriote »).

 



La Grèce, du neuf?
1 mai, 2012,
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Le plan de faillite de l’UE a réussi, 105 md de dette sont effacés (sur 350 md) suite à la participation « volontaire » des créanciers (échange d’obligations avec décote de 53,5%)  et un 2e plan de sauvetage (130 md) a été mis en marche en mars 2012. Cet échange offrait, pour 100 de valeur nominale sur des anciens titres : de nouvelles obligations EFSF (à maturité 2013 et 2014) d’une valeur de 15 et de nouveaux titres grecs (à maturité 2042) d’une valeur de 31,5 amortissables à partir de 2023. Cela se traduisait, compte tenu de la faiblesse des coupons (de 2 % à 4,3 % pour les titres grecs), par une perte des investisseurs de 74 % environ sur la valeur des anciens titres.

Parallèlement, ISDA a déclaré la Grèce en défaut de paiement, permettant l’activation des clauses des CDS. C’était une question de survie, plus que de bonne volonté, pour débloquer le marché de l’assurance-crédit. Mais notez le moment: afin de limiter les pertes des émetteurs de CDS, cette décision intervient APRES que le plan d’effacement de la dette est conclu par les créditeurs. Qui vérifie ces décisions ISDA? Et personne ne sait encore qui est le grand émetteur de CDS grecs devenu spéculateur perdant car tout passe par une chambre opaque de compensation (DTCC). Curieux?

http://www.rfi.fr/europe/20120309-effacement-dette-repit-court-terme-grece-venizelos-papademos

A part les élections parlementaires du 6 mai (mais qui choisir?) qui fait craindre le retour des politiques à la place des technocrates, rien de bon à annoncer: 2012 sera la 5e année de récession en Grèce.

http://www.rfi.fr/europe/20120424-grece-bien-mal-tourner-le-dos-crise

 

 



L’inflation… au III siècle
16 avril, 2012,
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Pourquoi l’inflation est possible dans une économie à monnaie forte (ou or/argent), demanderait un Allemand de la BCE? Après un crochet à Rome,  je suis capable de vous raconter une petite histoire vue au Palais Massimo (section numismatique). Au milieu du IIIe siècle, l’empire romain est le théâtre d’invasions barbares. La conduite de la guerre pèse lourdement sur l’économie: les prix augmentent.  La monnaie romaine est en or/argent. Donc le métal précieux est en train de se dévaluer en rapport avec tous les autres biens ou presque. Comme la quantité de métal précieux est limité, l’empéreur essaie de:

- diminuer le contenu en or/argent des pièces. Problème: Les gens perdent confiance dans la monnaie ce qui oblige l’Etat à avoir recours aux paiements des soldes et aux recouvrements d’impôts en nature. Les réquisitions se transforment des fois en pillages organisés.

- adopter des lois contre l’inflation. En 301, Dioclétien ordonne la peine de mort pour les commerçants qui augmentent les prix. (Ceci vient compléter des règles plus anciennes sur le taux maximal d’intérêt demandé par les banquiers = taux d’usure.)  Problème: les biens commencent à disparaître des marchés.

Et la curiosité de l’histoire continue. Les romains réussissent quelques belles victoires sur les barbares. En plus, Constantin arrive au pouvoir et redonne confiance dans une administration réformée. C’est dans ce contexte que le rétablissement de la monnaie en or/argent peut être opéré par Constantin. Autrement dit,  la « stabilisation macroéconomique » a été une condition plutôt qu’un résultat de la monnaie forte.

Ceci est un point curieux par rapport à la théorie du FMI… Une explication?  Le métal précieux reprend une valeur de réserve si les gens ont plus de confiance dans l’avenir, s’ils ont envie d’épargner (ce qui suppose une prédictibilité accrue de leur avenir, donc de l’économie etc.).



La désindustrialisation… en 1975
8 avril, 2012,
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Un bouquin d’éco de 1979 me tombe sous le nez. On découvre… la crainte de la désindustrialisation dans la CEE. A l’époque on parle de désindustrialisation relative et est regardée comme une caractéristique des pays développés. Mais, se posait la question du potentiel de croissance d’une économie où la part de l’emploi industriel se contracte. En tout cas, comment stimuler le redéploiement vers des industries « basées sur la science »? C’était un faux débat, un feu de paille (par rapport à aujourd’hui)? Ou une inquiétude permanente et injustifiée?

Je n’ai pas le temps de l’analyser. Mais si on rapproche crise éco et désindustrialisation, peut on concevoir des cycles de désindustrialisation, comme les cycles de croissance? Est-ce le même mécanisme psychologique des investisseurs qui est à l’oeuvre?

Voici un exemple. Certainement, la crise de l’acier ne remonte pas à hier. La Moselle mérite bien sa renomée de région défavorisée. Les grèves en sidérurgie remonte aux années Mittérand. La question est: pourquoi cet enchaînement de crises en sidérurgie. Est-ce que la survie était méritée à chaque fois ou l’aide publique n’a fait que prolonger la maladie ? A suivre.

PS Sur les crises je vous signale:

http://www.college-de-france.fr/site/roger-guesnerie/



Vol au-dessus d’un nid de coucou
5 avril, 2012,
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http://fr.wikipedia.org/wiki/Vol_au-dessus_d’un_nid_de_coucou

Un film qui fait encore parler de lui malgré la chute du communisme. Et même à l’époque, le film faisait peur aux autorités américaines alors que le metteur en scène tchèque voulait parodier les régimes totalitaires… En réalité, le film parle des institutions qui sont créées par nous pour nous rendre la vie en commun plus simple ou meilleure et qui se retournent contre leurs créateurs en « organisant » leur liberté. Où s’arrêter avec les institutions? Difficile de dire. Mais assez universel. Les règles communistes de survie restent en vigueur  (aujourd’hui, ce sont les avocats qui les conseillent, mais elles n’ont pas changé): si tu penses, ne parle pas. Si tu parles, n’écris pas. Si tu écris, ne publie pas. Si tu publies, ne signe pas. Si tu signes, ne sois pas surpris!

 



Incertitudes en Asie
18 mars, 2012,
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L’atterrissage brutal de l’éco chinoise fait craindre les autres. L’initiative Chiang Mai a récemment décidé d’augmenter l’enveloppe de prêt de 120 md USD à 240 md USD. Asie apprend de l’Europe – sur les crises et les fonds de sauvetage.

http://en.wikipedia.org/wiki/Chiang_Mai_Initiative

 

 



Les arrière-pensées d’un paresseux
18 mars, 2012,
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http://www.arlea.fr/ARRIERE-PENSEES-D-UN-PARESSEUX

Un livre (1898) qu’il ne faut pas éviter, même si on est  paresseux car plein d’humour envers les snobes. A propos de mon billet précédent, on est avant la 1e guerre mondiale, et les gens et leurs idées sur la vie semblent aussi normaux (et même plus) qu’aujourd’hui. Et pourtant… les guerres seront arrivées.

« La vie, il faut la vivre et non pas la passer; il faut l’affronter et non pas l’ordonner. La vie n’est pas une partie d’échecs, dont la victoire ira au plus sagace; c’est un jeu de cartes, et il faut savoir avec habilité tirer le maximum de ce qu’on a en main… Peut-être est-ce pour cela qu’on nous a invités à prendre place et qu’on nous a distribué des cartes, pour que nous apprenions les vertus du véritable joueur: son contrôle de lui-même, son courage face à l’adversité, sa modestie sous la pression du succès, sa fermeté, sa vivacité, son indifférence générale envers les coups du sort.  » (p 164)

« La Nature bat sa propres monnaie et exige d’être payée en devises. Dans sa boutique, il faut payer en nature. La plus-value, la fortune héritée, la chance ne sont pas acceptées par les caisses. » (p 232)

« Nous venons ici, me dit-il avec un air de philosophe, pour dire aux autres que nous y sommes venus! » (p 205)

« Un des plus chics types que j’aie jamais connus a gâché sa vie conjugale, sans espoir de jamais redresser la situation, en choisissant une longue et pasible lune de miel. Et là, pendant trente jours, elle a eu tout loisir de le passer au crible. » (p 118)

« Voici ce qui arrive: ou bien vous brisez le téléphone ou c’est le contraire. Ils me disent qu’au début, ils l’insultaient comme je le faisais moi-même; mais à présent leur volonté semble anéantie.  » (p 97)

 



Journal de guerre
18 mars, 2012,
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http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=2200

Avec ce livre, on a un nouveau regard sur les guerres européennes (manuscrit trouvé et publié en 2001 par un prof de l’univ. de la Réunion). Certes, tout se passe dans les lointains pays des Balkans et il y a longtemps, dans les années 16-17. Certes, il y a la subjectivité du narrateur (Yvonne Blondel, infirmière volontaire et fille de l’ambassadeur de France à Bucarest) envers son pays d’accueil (Roumanie); mais le destin des soldats paysans roumains qui subissent en silence les revers de la machine de guerre allemande et le désordre administratif local alors que les intellectuels diplomates bruyants sont tiraillés entre les arguments pro ou contre les allemands est bien peint.

Roumains, Français, Luxembourgeois, Russes, Allemands, Bulgares, Serbes, Tsiganes, Turques se rencontrent dans les hôpitaux de campagne, les popotes du front ou les salons des villes de province. En pleine guerre, même les alliés (Russes et Français) se chicanent dans les popotes. Malgré la mondialisation (au sens de contacts culturels) qui existait déjà (jusqu’en Roumanie)…, la civilisation européenne s’est tue face aux ambitions politiques et guerrières.  Vraiment inédit, à lire.